Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les aventures d'Indy, gay à Paris - Indy sans Jones

Les aventures d'Indy, gay à Paris - Indy sans Jones

Menu
#36 Rupture douceur

#36 Rupture douceur

#36 Rupture douceur

J'avais retrouvé Gabriel assis sur les quelques marches de l'entrée du Rosa, il avait rejoint ses amis. Les premières notes d'Ophélie Winter se lançaient. Il était déjà 22 heures, j'avais trop de bière dans le corps et la nuit ne faisait que commencer.

 

Il faisait une chaleur épouvantable. Jun avait ôté 3 boutons de sa chemise et des gouttes de sueur perlaient sur son front. Seb râlait qu'installer « une clim, même d'appoint, bordel, c'est pas si cher ! ». Mon chino me collait comme jamais, à l'inverse de mon mec qui préférait rester dehors à fumer avec ses amis plutôt que de danser avec moi. Agitation tropicale, températures caniculaires.

 

La faim se faisait aussi sentir et Romain m’apportait une nouvelle bière. Je me rendais dehors pour la débuter et tenter de sécher et Gabriel n'avait pas un regard pour moi. Un détachement qui s'était peu à peu fait sentir. Il capta mon attention et fit quelques pas jusqu'à ma hauteur, le long des grilles délimitant l'espace du lieu.

 

« Tu ne crois pas qu'il faudrait arrêter, nous deux ? »

 

L'alcool m'obligea à un temps de compréhension plus long que d'habitude. Pour digérer les mots. Pour digérer la nouvelle. Gabriel souhaitait rompre et me délivrait finalement d'une décision que je n'arrivais pas à prendre. Partir ou rester ? Cela sonnait comme un titre RnB du début des années 2000, mais c'était pourtant bien l'état de mes réflexions depuis cette semaine. L'espace de quelques secondes – en unité de temps de mec saoul – je repensais à mes envies, à mes écarts nombreux, à la discussion deux jours avant lors du déjeuner avec ma sœur.

 

« Oui, sans doute oui. C'étaient quelques mois vraiment plaisants mais peut-être faut-il arrêter ».

L'alcool faisait monter en moi une émotion plus intense que d'habitude. J'enlaçai Gabriel avec force. C'était une fin douce et sans douleur. Prévue, attendue et salvatrice.

 

Je venais de me faire plaquer au Rosa, et tout allait bien. A l'intérieur, France Gall se lançait. Back, bitches.