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Les aventures d'Indy, gay à Paris - Indy sans Jones

Les aventures d'Indy, gay à Paris - Indy sans Jones

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#17 Fatigue

#17 Fatigue

#17 Fatigue

Depuis le retour de Jun, je n’avais pas vraiment dormi. Mes soirées et débuts de nuit étaient consacrés à refaire le monde avec lui. Il logeait dans mon appartement la plupart du temps et comme Sébastien, mon coloc, invitait toujours de nombreux gays pour un apéro ou une soirée, en cet été très chaud notre lieu de vie était devenu un point de repère et de rassemblement.

Au travail, je bénissais chaque jour la cafetière.


Jun avait recontacté quelques metteurs en scènes et son agent, pour tourner de nouveau et remplir son frigo. Plusieurs propositions avaient été avancées mais sans que rien de concret n'apparaisse. Ses amis comédiens l'avaient mis en garde face au danger que représentait son long périple autour du monde. Tu sais Jun, dans ce milieu tu disparais vite. Des conseils autant emprunts de clairvoyance que de jalousie.

Nous avions fait la rencontre dans un bar de Frankie Alvarez, l’un des acteurs de Looking, mais il n’y avait pas eu le moindre début d’une aventure pour aucun d'entre nous. Il s'était avéré très sympa mais surtout captivé par Jun et leur discussion cinéma. Mon meilleur ami étant parfaitement bilingue, la relation était facilitée. Sébastien avait bien essayé de rester maître du jeu mais il avait dû s'incliner. J'avais été au spectacle ce soir-là et je m'étais régalé de la parade amoureuse orchestrée par mon colocataire, tout comme je m'étais délecté du final tragique : le bel énamouré doit battre en retrait. Sébastien avait finalement fait un nouveau tour de pute dans le bar, et était reparti avec un petit blond. Et Frankie Alvarez était reparti seul. Une rencontre improbable et sans lendemain, si ce n'est dans nos souvenirs et nos Instagram.

C'était donc décalqué de mes nuits trop courtes que je déambulais dans le Marais en cette fin de journée. Il faut l’avoir connu pour le comprendre : se promener dans le Marais un jour de soleil quand on est plutôt mignon. Modestie bonsoir. Le Marais, le quartier gay parisien, c’est un peu un concentré du monde homosexuel dans quelques rues. Avec le soleil, les libidos -jamais vraiment enfouies- se réveillent et j’ai parfois l’impression d’être un bout de viande dans un zoo. Après tout, il y a plusieurs degrés pour observer les gens et certains manquent clairement de tact.


Quelques boutiques vendaient ce que je cherchais : nouveau maillot de bain, casquette de thug life ridicule et chaussures basket-mais-pas-trop-basket-non-plus. Bref, de l'utile. Nous avions prévu de partir prochainement en vacances ...