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Les aventures d'Indy, gay à Paris - Indy sans Jones

Les aventures d'Indy, gay à Paris - Indy sans Jones

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#16 Frankie

#16 Frankie

#16 Frankie

Pour sa soirée de retour en France, Jun avait voulu sortir pour re-découvrir les nuits parisiennes et surtout constater l'évolution. J'y percevais chez lui l'espoir que pédé-land puisse changer en quelques semaines, ce qui serait déjà un exploit si c'était le cas sur plusieurs années. La rue des Archives et la rue du Temple étaient fidèles à elles-mêmes, animées, chaudes et pétillantes comme on les aime.

Un élément était nouveau depuis son départ, l'inauguration d'un bar devenu en quelques semaines un point de repères pour la communauté : le Complexe. Jun avait déjà rencontré le patron, Sumo, lors de plusieurs soirées mais sans réellement s'attar
der.


Jun n’est pas trop branché sur les sorties étranges, il reste dans les sentiers battus. Regarder des rebeus se doucher sous viagra devant une salle bavante et hypnotisée ne l'a jamais fait rêver. Nous étions ainsi au bon endroit. Le Complexe est sympa, nouveau, branché et jeune. Jun avait plutôt l’air de s’y plaire et Sébastien, mon coloc, l'avait présenté au patron et s'était vu offrir une bière de bienvenue. Sumo est passionné d'Asie et trouva en Jun une source d'informations fantastique.

Sébastien était parti faire un tour de pute, autrement dit le tour du bar pour repérer ses proies. L'idée est simple : en stratégie militaire, pour ne pas être repéré il faut se terrer, se rendre invisible pour ne pas être attaqué. Dans le cas présent, Sébastien veut être attaqué et se montre donc au maximum, dans le plus d'endroits possibles. Un tour de pute. Dans le simple but d'être abordé, convoité, remarqué. Il en est le plus grand professionnel, son œil étant plus vif que celui d'un aigle – ce qui lui sert également pour repérer les bons plans Zara.

Alors que Jun et Sumo se promettaient de se revoir à un moment plus calme, Sébastien revint tout émoustillé de son petit tour de pute, mojito en main.

- Oh my god, Frankie Alvarez est à côté en train de manger ! D'ailleurs il se bouffe un plat de pâtes en terrasse, c'est tristement banal. Anyway, il faut qu'il vienne ici ce soir !

Le regard de Jun était incrédule et son haussement de sourcils indiquait qu'il ne savait absolument pas qui était cet homme. Je savais pour ma part qu'il jouait dans Looking, mais impossible de me rappeler du personnage. Sumo semblait vaguement remettre aussi.

Sébastien s'excitait comme s'il avait obtenu un coupe-file du Rosa Bonheur ; ce qui dans le cas présent est un exemple fonctionnant mal puisque Sébastien ne fait jamais la queue au Rosa. Disons qu'il s'excitait comme avant un concert de Beyonce. Son cerveau semblait bouillonner et je sentais que l'enjeu de faire venir Frankie Alvarez au Complexe était pour lui au moins aussi élevé que de régler le conflit israélo-palestinien.

Depuis la vitrine du bar, nous le regardions avancer vers la terrasse voisine d'un pas qui se voulait décontracté. Pour une fois, Sébastien sentait l'enjeu et même s'il n'hésitait pas et osait ce que peu aurait tenté, je le connaissais suffisamment par cœur pour analyser chez lui la montée d'adrénaline. La cible fut rapidement atteinte et le contact établi, alors que le serveur débarrassait l'assiette fraîchement terminée. Mon coloc désigna le bar d'un geste de la main et nous fûmes directement grillés comme les deux harpies, Jun et moi, derrière notre glace, au spectacle, bière en mains. Quand Frankie Alvarez se leva et se dirigea avec Sébastien vers nous, j'avoue que nous avons moins fait les malins.