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Les aventures d'Indy, gay à Paris - Indy sans Jones

Les aventures d'Indy, gay à Paris - Indy sans Jones

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#8 Loques

#8 Loques

#8 Loques

Quatre loques dans un salon. Situation post pride. Nous avions marché avec fierté, avec joie et avec alcool.

À ma gauche, Mathieu, le cousin de mon coloc, jeune majeur hétéro arrivé de Province et squattant un bout de canap' pour quelques jours. C'est sans doute lui qui avait été le plus surprenant mais il ne s'en souvenait pas. Particulièrement le moment où il s'était laissé embrasser par un pote à nous, très imbibé et plutôt open qu'il était. J'ai un vague souvenir d'une danse de la joie autour de lui sur la place de la Bastille face aux concerts. Mathieu était désormais à son deuxième cachet et n'en menait plus large.

À ma droite Sébastien. Toujours en forme. Toujours maîtrisé dans sa folie. Toujours digne dans ses excès. Un modèle, non pas de vertu mais de contrôle de lui-même. Une vraie machine, habituée et prévoyante. A peine rentré hier soir et avant même de s'adonner à une partie de jambes en l'air, il avait bu son litre d'eau -sans même faire de plan uro après, du moins je pense- avec du citron pur et pris un doliprane. Son homme d'hier soir était reparti chez lui, je ne l'avais même pas vu et je n'en avais que de vagues souvenirs. Sébastien avait lancé une playlist douce et m'avait servi un grand thé, dans son jogging gris moulant et sexy et son t-shirt blanc basique. Il était motivé pour sortir de nouveau, sans aucun doute.

Face à moi, par terre, assis en tailleur, Gabriel était souriant et portait des vêtements que je lui avais prêté car il n'avait pas prévu de dormir ici. Nous avions discuté pendant le défilé, fait connaissance, et assez rapidement notre attirance mutuelle n'avait plus été hypothétique mais avérée. Déjà à Bastille lors des concerts nos regards se cherchaient. J'aime ces moments de séduction délicate, de jeux d'œillades, de mains qui se frôlent. C'est tard dans la soirée que nous nous étions enfin embrassés et il avait laissé ses mains s'aventurer sous mon t-shirt. Après une nuit en cuillère, il hochait la tête au rythme d'une balade pop française. Je l'observais et me disait que vraiment, j'en pinçais pour lui.

J'étais pour ma part, donc, sur le canapé. Mathieu et Sébastien, chacun contre moi, me donnaient chaud et mon thé bouillant n'aidait pas. Je mangeais des réglisses assez machinalement, pour retrouver de l'énergie. J'avais peu et mal dormi, plus vraiment habitué à être collé à un corps toute une nuit. Je m'étais réveillé à peu près toutes les heures, regardant mon téléphone et me désespérant de la nuit qui n'avançait pas. Dans le même temps je ne voulais pas réveiller Gabriel et je voulais profiter au maximum de son corps bouillant. Il avait grogné à plusieurs reprises, sentant mes mouvements. J'avais trouvé cela très, très, mignon.

Comme prévu, Sébastien était motivé. Alors on sort où ce soir ?