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Les aventures d'Indy, gay à Paris - Indy sans Jones

Les aventures d'Indy, gay à Paris - Indy sans Jones

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#7 Marcher avec fierté

#7 Marcher avec fierté

#7 Marcher avec fierté

J'étais prêt pour la marche des fiertés parisienne, en ce samedi du mois de juillet. Pour cause d'Euro, de sécurité, de menaces en tous genre et suite à Orlando, le parcours avait été modifié, raccourci, « policé » par des centaines d'hommes et de femmes armées. Nous verrions le résultat. Sébastien critiquait ce dispositif, regrettait le changement de parcours. Ce n'est pas à nous de modifier les habitudes, après tout merde ils n'ont qu'à prévoir des flics comme pour les matchs de foot.

Je ne partageais pas cet avis et j'étais plutôt satisfait que malgré le contexte, la pride ait été maintenue à Paris et dans des conditions qui allaient permettre de s'amuser sans crainte. S'amuser et se souvenir, aussi. Nous étions encore marqués par l'horreur perpétrée en Floride quelques semaines plus tôt, mais Sébastien, dans la salle de bain, semblait pour l'instant bien loin des commémorations, Miley Cyrus à fond.

J'envoyais depuis le salon un SMS à Jun, mon meilleur ami, parti en Corée du Sud voir sa famille quelques semaines et qui devait rentrer d'ici peu. Le temps me semblait long. Le cousin de Sébastien, que nous hébergions, était sagement assis dans le canapé, lui aussi sur son téléphone. Sa première gay pride, tout hétéro qu'il est.

J'avais prévu les bouteilles fraîches, les gobelets, le tshirt-qui-va-bien et un petit pin's arc-en-ciel. Sur Facebook, ma sœur m'avait prévenu qu'elle nous rejoindrait directement au Louvre pour le départ. Nous avions recruté de nombreux amis, surtout Sébastien, activant son immense réseau pour être le maximum. Une galère prévisible à l'arrivée. Illusoire de penser que tout le monde pouvait être présent à l'heure prévue. Attendre les uns, contacter les autres, en oublier. Je n'étais pas préoccupé par cela dans l'instant présent. Jun me répondait, il allait bien, et c'était l'essentiel.

Je devais prendre quelques photos pendant la marche, pour enrichir le contenu du magazine pour lequel je travaille. Mon rédacteur en chef était sur le pont, ultra motivé. Ce genre d'événement mobilise énormément les réseaux sociaux et entraîne un flux de visiteurs important sur le site. Il pensait à ses statistiques. Compréhensible.

La sonnerie de l'interphone retentit. Oui ? C'est Gabriel.

J'avais appuyé sur le bouton d'ouverture et indiqué l'étage sans savoir de qui il s'agissait. Sans doute un contact de mon coloc qui nous rejoignait ici. Il avait même sans doute dû déjà visiter la chambre de Sébastien. Je laissais la porte entrouverte et retournait dans le salon. Quelques instants plus tard, Gabriel et son sourire ravageur fit son entrée. Dans sa veste en jean bien taillée, sa peau légèrement hâlée et son mètre quatre-vingt cinq. J'aime dire que je n'ai pas de style, et pourtant, là j'avais envie de crier qu'il était mon style. Brun, barbu, grand : original comme style...

Sébastien sortit une tête de la salle de bain. Salut Gab'. Assieds toi, on ne part pas avant 30 minutes, je me prépare. Tu veux une bière ?

Le Gabriel en question répondit à la négative mais répondit en revanche à mes autres questions. Comme je le craignais, il avait rencontré mon coloc en soirée. Ce qui signifiait coït. Un peu gênant sans doute, mais si je devais fermer toute perspective avec les mecs ayant déjà été dans le lit de Sébastien, ma vie sentimentale et sexuelle serait un désert.

Elle s'annonçait bien, cette pride.